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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 09:30

[LIVRE] Les oiseaux se cachent pour mourir de Colleen Mc Cullough

 

Année : 1978.

Auteur : Colleen Mc Cullough.

Editeur : France Loisir avec l'autorisation des éditions Pierre Belfond.

Traducteur : Jacqueline Lagrange et Jacques Hall.

Titre Original : The Thorn Birds.

Genre : Drame, Saga familiale.

 

 

Histoire

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Les Cleary et leurs huit enfants quittent la Nouvelle-Zélande, pour la dure terre d’Australie ou ils héritent du domaine de Drogheda, immense domaine sec et poussiéreux aux troupeaux sans nombre.

Meggie, leur seule fille âgée de neuf ans, alterne le dur travail à la ferme et la surveillance de ses jeunes frères. Elle y rencontre le jeune prêtre Ralph de Brocassart, beau comme un prince, doux comme un frère dont elle va tomber profondément amoureuse.

Leur amour étant impossible, Ralph s’éloigne pour rester fidèle à sa vocation.

Meggie, quant à elle pour oublier Ralph, épouse Luke O’Neill, mais après des années de mariage très difficile et un accouchement douloureux, elle décide de quitter Luke et de prendre du repos sur l’île de Matlock.

 C’est la, dans ce paysage presque irréel de palmiers et de récifs de corail, que Ralph réapparaît.

"Selon une légende il est un oiseaux qui ne chante qu’une fois de toute sa vie"

 

 

Extrait

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Elle avait baissé la tête, ses lèvres effleuraient délicatement l'ecchymose, ses paumes remontaient le long de la poitrine, glissaient sur les épaules avec une sensualité délibérée qui le frappait de stupeur. Fasciné, terrifié, voulant à tout prix se libérer, il pivota, lui repoussa la tête, mais ne réussit qu'à se retrouver dans ses bras, serpents enroulés autour de la volonté, étouffant jusqu'à l'ombre d'une velléité. Oubliée ladouleur, oubliée l'Église, oublié Dieu. Il trouva sa bouche, lui écarta avidement les lèvres, affamé d'elle, sans découvrir dans l'étreinte l'apaisement de l'affolant élan qui montait en lui. Elle lui offrit son cou, dénuda ses épaules dont la peau était fraîche, unie, satinée ; il lui semblait qu'il se noyait, s'enfonçait de plus en plus profondément, à bout de souffle, désarmé. La perception de son état mortel pesait sur lui, énorme poids lui écrasant l'âme, ouvrant les vannes au jaillissement amer de ses sens qu'emportait un flux irrésistible. Il eut souhaité pleurer ; les derniers vestiges de son désir se tarirent sous le fardeau que lui assénait sa condition d'humain, et il délia les bras serrés autour de son corps misérable, se laissa retomber sur les talons, tête baissée, paraissant totalement absorbé par la contemplation de ses mains tremblantes posées sur ses genoux.

 

Meggie, que m'as-tu fait ? que me ferais-tu si je me laissais aller ?

Meggie, je t'aime. Je t'aimerais toujours. Mais je suis prêtre, je ne peux pas... Je ne peux tout simplement pas.

 

 

Ma critique

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J'ai enfin eu le courage de m'attaquer à cette saga familiale qui a fait pleurer dans les chaumières dans les années 80 avec le téléfilm où jouait "Richard Chamberlain".

Je l'avoue, je n'ai jamais vu le téléfilm et quand on m'a prêté le livre, j'avais peur de tomber sur une histoire à l'eau de rose, très romantique, très fleur bleue…

Mais dès les premières lignes, l'auteur nous fait tomber sous le charme avec ses descriptions de la Nouvelle Zélande et ensuite de l'Australie, et lorsqu'il parle des conditions de vie de la famille Cleary. Le livre est scindé en plusieurs parties :

 

La première partie intitulée "MEGGIE" (qui est le nom de l'héroïne de cette saga) commence en 1915 (fin : 1917). On apprend à connaitre la famille avec l'enfance de Meggie Cleary, son entrée à l'école catholique qui fut une catastrophe pour elle jusqu'au départ de sa famille pour l'Australie.

La deuxième partie intitulée "RALPH", (qui est le nom du héros de cette saga) commence en 1921 (fin : 1928), le prêtre va voir évoluer Meggie en Australie et au fur et à mesure va tomber amoureux d'elle avant de partir pour Rome.

La troisième partie intitulée "PADDY" commence en 1929 (fin : 1932), c'est le nom du père de Meggie.

La quatrième partie intitulée "LUKE" commence en 1933 (fin : 1938), c'est le nom du mari de Meggie.

La cinquième partie intitulée "FEE" commence en 1938 (fin : 1953), c'est le nom de la mère de Meggie.

La sixième partie intitulée "DANE" commence en 1954 (fin : 1965), c'est le nom du fils de Meggie.

La septième et dernière partie intitulée "JUSTINE" commence en 1965, c'est le nom de la fille de Meggie et se terminera par le mariage de Justine en 1969.

 

Les différentes parties montrent l'évolution de cette famille en plein cœur de l'Australie sauvage, déserte, où vivent essentiellement des éleveurs de moutons. Pas évident de parler de ce livre sans révéler quelques secrets de cette famille. A chaque page, nous avons l'impression d'être parmi la famille Cleary, d'évoluer avec eux, dans la joie et la peine. Et surtout on s'attache rapidement à cette Meggie (même si mon coup de cœur est largement pour Justine, la rebelle de la famille), sensible, perdue dans un milieu rustre, rural, fait d'hommes. Son adolescence ne va pas être des plus tendres, sa vie de jeune femme non plus. Je crois que pour cette partie-là, j'ai eu plus de peine pour elle. Certes, elle évolue dans un milieu d'hommes, sans recevoir aucune attention de sa mère (Oui petit rappel nous sommes au début du 20ème siècle, les relations mère/fille ont un peu évolué depuis) et le seul qui aide à avoir une condition meilleure est le Père Ralph, qu'elle admire donc pas étonnant qu'elle tombe amoureuse de lui mais pour moi cet amour est faussé. Elle ne connait que lui, les autres hommes sont ses frères, son père et des vieux ouvriers travaillant au domaine. Bon certains vont se bousculer au portillon. Mais elle reste entichée d'un amour d'adolescente. Et donc comme Ralph est marié à l'Eglise, elle sait qu'elle ne l'aura jamais. Elle va tomber dans les bras de Luke qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Ralph. Pour moi, elle est maso ! Et puis, elle ne sera pas au bout de ses surprises, la pauvre… Car oui, Ralph et Luke, parlons-en un peu, ils ont le même défaut : Ils aiment l'argent ! Le premier aura pris une bonne partie de la fortune des Cleary pour sa propre ambition (pour un prêtre, cela le fait…) et le second va épouser Meggie juste pour sa fortune. Sans compter sa nuit de noces, l'auteur l'a décrite d'une telle manière que c'est une vision d'horreur (Et rappel encore : ça se passe milieu du 20ème siècle, cela vous donne une idée de l'éducation sexuelle de Meggie). Dans le genre coup dur du destin pour Meggie, il y a pas pire, enfin si vers l'avant-dernière partie du livre…

 

Pour rassurer bon nombre de personnes, l'histoire n'est pas centrée que sûr Meggie et Ralph, au contraire durant tout au long de cette histoire, chaque personnage secondaire aura une place dans l'histoire et les évènements historiques vont aussi permettre de voir l'évolution de la société et des mœurs : La 1ère guerre mondiale, la crise de 1929, la Seconde Guerre Mondiale jusqu'au début de la création de l'Union Européenne… Ces faits historiques vont avoir un impact sur la famille Cleary. Et c'est pour cela qu'on va s'y attacher ! Car dans cette famille, certains parmi vous vont se retrouver, cela dépeint avec justesse tout simplement une vie de famille avec ses joies et ses peines. Et c'est cela qui fait qu'on aime ce livre car il ne rajoute pas de froufrou, ni de maquillage, c'est tout simplement la VIE. (Bon certains diront que c'est un poil dramatique comme histoire, tout dépend du vécu de chacun). Et, on appréciera aussi l'avis de Meggie au fur et à mesure sur la religion, l'Eglise, sur Dieu.

 

Et on comprend lors de la lecture pourquoi énormément de personnes ont pleuré lors du téléfilm, car les faits que traverse la famille, même jusqu'à la fin, sont des plus poignants, déchirants, comme le chant de cet oiseau lorsqu'il va mourir qui ramène à la référence du titre du livre. Je pourrais en parler pendant des heures tellement ce livre m'a touché, pas au point de pleurer mais surtout de comprendre cette famille.

 

Je le conseille fortement, vous vivrez réellement dans cette famille comme si vous y étiez à fouler cette herbe de Drogheda, sentir ses roses cendres et voir le paysage de l'Australie, jusqu'à comprendre les épines. Et j'avoue que comme l'Australie est un continent que j'affectionne particulièrement, je ne pouvais qu'aimer ! Bon maintenant il va falloir que je trouve le téléfilm, tu avais raison Vio (Private Joke à une amie). A lire absolument !

 

10

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Published by Fauve - dans Littérature
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commentaires

Deberg 18/01/2012 23:05


C'est un superbe bouquin tu as raison, mais alors ils mettent un moment à mourir les zozios... pfuiiittt !!!!

Fauve 19/01/2012 08:56



lol MDR !



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